MRA 470 p25-27 - Janvier 1979 - Dubuc - Jossien
L'intérêt provoqué par le phénomène cacahuètes il y a quelque temps, devrait être relancé avec l'apparition de cette formule de plein air, due à l'initiative de quelques moustachus du vol libre, amoureux de vrais avions.
La simplicité du règlement est encourageante et j'ai tout de suite apprécié la volonté d'accentuer l'aspect dynamique. Donc jugement statique très débonnaire et en aucun cas, cette cotation n'est une pénalité. J'aurais en effet trouvé navrant l'obligation de construire la super-maquette que l'on hésite ensuite à balancer en l'air, tant elle a coûté de labeur patient ! D'autant que je n'ai plus — comme beaucoup d'entre nous — ni le temps, ni l'oeil de lynx nécessaires (j'ai changé de lunettes pour construire le dernier peanut... misère !). Ensuite l'envergure de 66 cm permet une construction aisée : baguettes 2 x 2 du commerce, hélice plastique incassable, profusion de plans de peanuts qu'il suffit de doubler. Enfin, à cette échelle il n'est pas nécessaire d'avoir une grosse loupe, ni d'être diaboliquement habile ! C'est pour cela que j'ai tout de suite "marché à fond".
Les trois lauréats "Maquette 66". De gauche à droite : André Méritte, René Jossien, Gérard Porcher. Photo Claude Weber
Dans le but de raccourcir au maximum le temps de réalisation, j'ai opté pour les solutions suivantes :
— Choix d'un modèle connu, sans recherche de nouvelle documentation : une photocopie d'un trois vues acquise à la bibliothèque du Musée de l'Air (91 boulevard Pereire - Paris 17e).
— Agrandissement du dessin à l'échelle exacte, par projection avec un épidiascope.
— Construction classique en structure Ailes, stab, train et haubans démontables, hélice plastique "Sterling", emploi de la roue libre "à dent de loup" de cette hélice style cacahuète. Les roues sont tournées dans du polystyrène expansé selon la méthode décrite récemment par E. Fillon. Difficultés rencontrées : le collage des vitrages transparents (essai de plusieurs colles puis emploi de bande adhésive double face et D-C Fix Argent pour la finition autour des vitrages) et l'entoilage de la partie supérieure du fuselage : la surface se gauchit pour devenir empennage.
— Les réglages. Arrive le moment tant attendu des essais en vol, un soir sans vent, sur terrain herbeux... C'est bien parti du premier coup ! simplement quelques tours de vis pour régler la spirale de montée (voir les 2 vis de réglage mises à la construction sur le couple avant en CP de 3 mm). Comme tous les appareils à ailes hautes, les vols sont sans problème, ce qui n'est pas le cas avec une aile parasol. Le poids en ordre de vol est de 47 grammes (compris 5 g de Pirelli jaune en section 6 x 1 soit 1 seule boucle qui permet un remontage à 800 tours sans risque).
En vol, le LS 60 de Jean Dubuc en Maquette 66
Je suis loin d'être le meilleur... et pourtant j'aurais bien voulu !! Il faisait un vent à laisser les C.H. dans la boîte et ces semi-maquettes se sont très bien comportées - si bien que René Jossien devra allonger sa foulée s'il ne veut pas refaire un Leningradec tout neuf à chaque sortie ! Pas de problème de ce côté-là pour Gérard Porcher : il a le pied lourd sur le palonnier et il grimpe dans une éprouvette ! Quant au LS 60, il a démontré ses qualités de stabilité et de réalisme en vol malgré les rafales.
Le LS 60 de Jean Dubuc en Maquette 66
René Jossien, intouchable avec son vol époustouflant de près de 6 minutes a confirmé l'excellence de son appareil (et de sa construction). André Méritte a effectué une remontée notable, effaçant les avatars du premier round. Gérard Porcher et moi-même confirmions les positions acquises. Le PAM est en fête ! A l'issue de cette seconde rencontre favorisée par une journée idéale, les progrès de tous les modèles sont évidents : les FW de Cartigny grimpaient comme de véritables chasseurs, les SE5A de Lapierre (construction polystyrène expansé et très astucieux démultiplicateur) volaient avec la majestueuse lenteur des biplans. Quelques nouveaux venus ont su faire voler leurs appareils malgré leur manque d'expérience et c'est très encourageant. Cette catégorie décontractée, où l'on retrouve les petits copains qui ont encore imaginé je-ne-sais-quoi pour faire mieux encore : c'est très sympathique. Et pour les concours suivants — car il y en aura d'autres — je peux dire : Ah oui, j'y retourne !
Jean Dubuc
PS : et je n'ai pas rencontré d'adultes spécialement attardés !!
Démonté, Le LS 60 de Jean Dubuc en Maquette 66
Christian MENGET et son club peuvent être contents des résultats très encourageants obtenus par les deux concours de maquettes volantes de vol libre à moteur caoutchouc. Cette catégorie de modèles, appelée MAQUETTE 66, parce que l'envergure maximale est de 66 cm, a vraiment été approuvée par les concurrents, mais aussi par les autres modélistes de compétitions internationales. Entr'autres François RAPIN disait son attirance pour cette formule dont il découvrait le charme et les possibilités. Nos lecteurs ont déjà eu une idée très imagée de cette formule (le 1er concours eut lieu le 28 mai 78) par le reportage de F. NIKITENKO dans le MRA n° 465 de août 1978.
Donnons, cette fois, le règlement précis de MAQUETTE 66, afin que des nouveaux modélistes, même non licenciés, ni affiliés à un club, puissent donner libre cours à leur plaisir de faire voler des maquettes d'avions,en concours.
1 — Envergure de l'appareil comprise entre 45 et 66 cm. Les "cacahuètes" d'extérieur ne sont pas admis dans cette formule (moins de 45 cm).
2 — Diamètre de l'hélice (ou des hélices) limité au 1/3 de l'envergure.
3 — Des tolérances d'agrandissement de l'empennage sont admises dans la limite d'un aspect harmonieux de la maquette.
4 — Dièdre maximal 40 mm (sauf si l'échelle exacte de l'avion permet un peu plus)
5 — Poids du caoutchouc non limité.
6 — Cotation de 1 à 10 points pour décoration interne et externe faisant maquette : immatricu-lations, décoration, tableau de bord, détails externes, etc... Cette note n'intervient qu'en cas d'égalité des points de vols entre concurrents.
7 — Classement effectué sur les 2 meilleurs vols des 3 autorisés.
8 — Faux départ : moins de 20 secondes. Les organisateurs pouvant accorder 2 faux départs en cas de mauvais temps ou vent fort.
Voilà : règlement simple et ne nécessitant pas d'avoir une documentation, ce qui avait découragé les concurrents des concours de maquettes au règlement trop pointilleux. Ici la simple présentation d'un plan triptyque, d'un plan commercial ou d'un plan cacahuète (que l'on a doublé) suffit. Il existe dans les plans MRA et dans les plans anglo-saxons, beaucoup de maquettes comprises entre 45 et 66 cm. Cette liberté de réalisation est probablement le facteur prédominant qui a libéré les concurrents d'un épluchage emmerdant (excusez le mot) qui rebute les modélistes venus là pour s'amuser, en concourant néanmoins ; aussi, le record de 16 maquettes présentées aux 2 concours de 1978 montre le bien-fondé de ce choix. Le second record est celui de durée de vol en maquette à moteur caoutchouc, battu par René JOSSIEN avec son LENINGRADEC de 66 cm. L'ancien record de cette catégorie tenait depuis 18 ans 1/2, et était déjà celui de JOSSIEN qui, en avril 1960, au concours de maquettes de "Pierre Trébod" disputé à Villacoublay, avait réalisé un vol de 2 mm 52 s avec la maquette du Max Holste 152. Le record, ce 3 septembre 1978, jour du 2e concours de l'année 78, a été porté à 9 minutes 50 secondes. Faut-il préciser que l'ascendance était bonne et que le LENINGRADEC (65 g dont 11,4 de caoutchouc) a su la trouver et y rester. René a tenu à faire remarquer, que sans ce 3ème vol, il gagnait quand même le concours quoique son modèle ait été lâché dans un "trou" à son 2ème vol (68") contre 88 sec. au premier vol.
la coupe François D'HUC DRESSLER, attribuée au modéliste ayant totalisé le plus grand nombre de points aux deux concours 1978 (25.5.78 et 3.9.78) est donc gagnée définitivement par René JOSSIEN avec un total de 877 points, les 2 concours disputés avec le LENINGRADEC. Cette précision est utile à connaître car les concurrents peuvent être classés avec 2 appareils différents, permettant ainsi à un modéliste ayant perdu ou cassé sa maquette après le 1er concours, de disposer d'une autre maquette à un second concours. Le second du classement général est André MÉRITTE, qui s'est bien ressaisi par rapport au 1er concours. Alors équipé d'un multiplicateur, son modèle P.A.M.A. BOTALI n'avait fait que des vols de 20 et 22 sec. (ce qui n'est déjà pas si mal, en maquette caoutchouc, rappelons-le pour l'information des modélistes isolés qui seraient complexés de voler seulement cette durée). En septembre André enleva le multiplicateur, mit du plomb au nez pour respecter le centrage correct (plus important, encore, le centrage en maquettes) et fit deux très beaux vols de 68 et 80 sec. (ce second vol, probablement soutenu, comme le seront certains vols des autres concurrents).
Le 3e est PORCHER, régulier avec 2 fois 94" aux deux concours. Bravo Gérard, le LUTON MINOR était plaisant à voir évoluer. Le classement vous donnera les renseignements complémentaires sur les autres modélistes mais félicitons DUBUC dont le LS 60 était parfaitement réglé, CARTIGNY dont le FOCKE-WULF 152 était d'un parfait réalisme en vol et bon accrocheur (hélas hors concours) malgré ses 60 cm d'envergure et sa faible corde d'aile, et aile basse, s'il vous plait ! MENGET n'a pas eu la chance d'être soutenu deux fois avec son M. WILLIAM X28, difficile à régler et WEBER, classé 3ème à ce 2ème concours, a obtenu de son PUSS MOTH des vols parfaits de réalisme. Il sera dangereux en 1979, car là il fera les deux concours, minimum pour être bien classé. CARTIGNY, avec les maquettistes suivants au classement, sont des modélistes que nous n'aurions jamais vus sur un terrain de compéti-tion sans l'attrait de cette formule MAQUET-TES 66, en particulier LORICHON, venu de Tarbes disputer ce concours. Nous savons qu'en 1979, il y aura probablement 3 concours dont les 2 meilleurs résultats compte-ront pour le classement final, et cela n'handicapera pas le modéliste parfois obligé de rater un des concours par absence involontaire. Il faut noter aussi les bons vols effectués par les cadets (malheureusement 1 seul concours sur 2) qui montrent que la formule est relativement facile, dans la mesure où on veut se limiter à des performances modestes au début (un trop long moteur caoutchouc, par exemple, est une difficulté à éviter). Signalons aussi LAPIERRE, ce modéliste chercheur dans le jouet scientifique, et qui est parvenu à faire de beaux vols avec un biplan tout polystyrène expansé, de poids élevé, mais muni d'un multiplicateur de grand rapport. Poids des autres maquettes, entre 65 et 100 g. Remarque : tous les modélistes ont amélioré leurs vols entre 1er et 2e concours. Modélistes, chevronnés ou débutants, construisez votre MAQUETTE 66, et rendez-vous pour la Coupe 1979.
René Jossien
NDLR : sur la page des plans les maquettes 66, repérées par une vignette verte, ont cet aspect :
LEGRAND SIMON LS 60 Jean Yves AUGE - Maquette 66
MRA 470 - Maquette 66